Certes, Barack Obama est à l’opposé des potentats inamovibles et mal élus du continent. Mais son triomphe n’est pas celui d’une communauté et dans le fond, il ne se sent pas plus africain qu’un Blanc du Texas ne se sent européen. Il sait très bien, en outre, qu’il doit une part de son élection à un fait racial politiquement incorrect : sa peau est claire. Donc mille fois moins « visible Â» et mille fois plus « acceptable Â» aux yeux des blancs que la noirceur d’un Luther King, d’un Malcolm X ou d’une… Michelle Obama. C’est un « Afristocrate Â» politiquement et socialement intégré, comme Colin Powell ou Susan Rice. C’est dire si le chemin à parcourir vers l’égalité raciale est encore long.

Quant à nous, ce qui importe dans le fond, c’est que la vision des intérêts américains dont est porteur le nouvel élu coïncide pour l’essentiel avec ceux du reste du monde â€“ Afrique comprise. Et que le mot de liberté retrouve dans la bouche d’un Président des Etats-Unis un peu de crédibilité. C’est tout. Ce n’est pas une révolution, ni une illusion. Mais c’est déjà beaucoup.

Bonne année 2009 à tous sous le signe d’une obamania… raisonnable.