Las, nos deux lascars n’ont pas eu plus de chance que l’éditeur K et B, sommé par voie de justice de retirer de la vente une poupée vaudou à l’effigie de Sarko, avec aiguilles et manuel du parfait féticheur. Le président français ne badine pas avec la sorcellerie et pour s’en défendre, il a choisi le langage des tribunaux.

Ses pairs africains, eux, n’ont pas la même stratégie. Face aux attaques nocturnes, ils se blindent et pratiquent la contre guérilla. En réalité, la carte de l’activité occulte sur le continent correspond étroitement à celle de ses points chauds politiques. Je parie qu’en ce moment ça fétiche dur à Yaoundé dans l’attente du remaniement, à Abidjan pour la campagne qui s’annonce, à Conakry au chevet de Lansana Conté, à Kinshasa en pleine formation du gouvernement, à Brazzaville pour l’élection de 2009 et jusqu’à hier à Cotonou, où les professionnels de la chose n’ont pas chômé autour de la nouvelle équipe de Yayi Boni.

Bien sûr, à l’instar d’Alassane Ouattara à qui l’on posait récemment la question, on vous répondra : « marabouts, connait pas ». Ou alors, on vous glissera à l’oreille, d’un air entendu, que vous feriez bien d’aller voir du côté du concurrent qui, lui, se livre à d’étranges pratiques. Mais personne n’avouera. C’est le sujet tabou, l’omerta. Après tout, François Mitterrand n’a jamais reconnu qu’il fréquentait une voyante et Jacques Chirac un mage tunisien…