L’objet du délit ? Un « indiscret Â» sur une confidence de Paul Biya « à des visiteurs français Â» concernant un éventuel remaniement ministériel à la fin de cette année. Banal ailleurs, mais de la nitroglycérine au Cameroun. Au point que le ministre d’État, Secrétaire général de la présidence, a publié un démenti relayé par la télé et la radio, repris et commenté à la « une Â» de l’officieux « Cameroon Tribune Â», dans lequel il précise que le chef de l’Etat ne s’est livré à aucune confidence auprès de qui que ce soit lors de son séjour à New York en septembre. Un démenti d’autant plus crédible qu’à la lecture du « Confidentiel Â» incriminé, il n’est dit nulle part que Paul Biya a fait cette confidence à … New York. N’était-il pas en visite privée en France, fin août â€“ début septembre ? Mais passons.

Inutile de préciser que JA maintient une information qui n’a donc pas été recueillie dans le contexte qu’indique le communiqué de la présidence. Ajoutons également que cette confidence fait explicitement référence à une intention et non pas à une décision du chef de l’Etat et que, au Cameroun comme ailleurs, le simple fait qu’elle soit publiée risque évidemment d’en reporter (ou d’en avancer) la concrétisation. Aucun pouvoir ne souhaite donner l’impression qu’il se conforme à un calendrier dicté par la presse, quitte à le bouleverser. Cela, nous le savons.

Mais ce qui relève de ce pays et de nul autre, c’est bien ce sevrage de communication qui donne à la moindre confidence recueillie des allures d’affaire d’État. Comme l’a dit Paul Biya lui-même dans une phrase désormais légendaire, « Le Cameroun, c’est le Cameroun Â».