Paroles de PM
Par François Soudan, jeudi 18 septembre 2008 à 12:45 :: Politique :: #44 :: rss :: lu 5487 fois
Drôle de semaine, qui m’a permis de croiser, le temps de deux grandes interviews que vous lirez sous peu dans JA, deux Premiers ministres africains aux antipodes l’un de l’autre.
Le premier est marocain, il a 68 ans et s’appelle Abbas El Fassi. Vu le soir chez lui, après la rupture du jeûne, pour une longue conversation à laquelle assistent son Directeur de cabinet et l’un de ses ministres.
Depuis un an, « Si Abbas » est l’homme le plus critiqué du royaume. Incompétence, absence de pouvoirs, santé fragile, manque de charisme : tout y passe et cela ressemble parfois à du lynchage. D’une voix douce, sans boire ni bouger pendant deux heures, il se défend pied à pied, mot à mot. Secrétaire général de l’Istiqlal, le premier et le plus vieux parti du Maroc, il s’arcboute sur le passé et il a le cuir épais.
Non, il ne démissionnera pas. D’ailleurs, au Maroc, un Premier ministre ne démissionne pas. Il ne lit plus les journaux, ne voit plus les journalistes et n’accorde plus d’interviews.
Autisme ? Courage ? Obstination en tout cas, courage et conviction intime d’être la victime d’une injustice, d’un délit de faciès politique, d’un complot auquel seul le roi ne prend pas part.
Le second a trente trois ans de moins, il est ivoirien et s’appelle Guillaume Soro. Vu l’après-midi, à Paris cette fois, dans une suite de l’hôtel George V où il est descendu.
Long tête à tête enregistré. Dans un coin de la pièce, son garde du corps joue avec un téléphone. Soro a du talent, du métier, de la suite dans les idées et un vrai sens de la dialectique. Je m’attendais à de la langue de baobab, j’ai eu droit à une parole à la fois sincère et maline, honnête et roublarde, solennelle et intime. Quand il me dit qu’après l’élection présidentielle, il s’accordera une année sabbatique pour se retrouver avec ses enfants, qui le prennent pour un étranger, j’ai envie de le croire – même si je lui dis l’inverse.
Pour lui, l’élection aura lieu, même avec un peu de retard, car tous les candidats la réclament avec insistance ; elle sera transparente car scrutée de bout en bout par l’ONU et nul – pas même Simone G ? – ne pourra la faire dérailler. Hors micro, il me livre son propre pronostic et l’identité de celui qui, selon lui, serait le mieux à même de remettre la Côte d’Ivoire sur les rails.
Désolé, mais le off, c’est le off. Je garde cela pour mes Mémoires – si tant est qu’elles intéressent un jour qui que ce soit…
Depuis un an, « Si Abbas » est l’homme le plus critiqué du royaume. Incompétence, absence de pouvoirs, santé fragile, manque de charisme : tout y passe et cela ressemble parfois à du lynchage. D’une voix douce, sans boire ni bouger pendant deux heures, il se défend pied à pied, mot à mot. Secrétaire général de l’Istiqlal, le premier et le plus vieux parti du Maroc, il s’arcboute sur le passé et il a le cuir épais.
Non, il ne démissionnera pas. D’ailleurs, au Maroc, un Premier ministre ne démissionne pas. Il ne lit plus les journaux, ne voit plus les journalistes et n’accorde plus d’interviews.
Autisme ? Courage ? Obstination en tout cas, courage et conviction intime d’être la victime d’une injustice, d’un délit de faciès politique, d’un complot auquel seul le roi ne prend pas part.
Le second a trente trois ans de moins, il est ivoirien et s’appelle Guillaume Soro. Vu l’après-midi, à Paris cette fois, dans une suite de l’hôtel George V où il est descendu.
Long tête à tête enregistré. Dans un coin de la pièce, son garde du corps joue avec un téléphone. Soro a du talent, du métier, de la suite dans les idées et un vrai sens de la dialectique. Je m’attendais à de la langue de baobab, j’ai eu droit à une parole à la fois sincère et maline, honnête et roublarde, solennelle et intime. Quand il me dit qu’après l’élection présidentielle, il s’accordera une année sabbatique pour se retrouver avec ses enfants, qui le prennent pour un étranger, j’ai envie de le croire – même si je lui dis l’inverse.
Pour lui, l’élection aura lieu, même avec un peu de retard, car tous les candidats la réclament avec insistance ; elle sera transparente car scrutée de bout en bout par l’ONU et nul – pas même Simone G ? – ne pourra la faire dérailler. Hors micro, il me livre son propre pronostic et l’identité de celui qui, selon lui, serait le mieux à même de remettre la Côte d’Ivoire sur les rails.
Désolé, mais le off, c’est le off. Je garde cela pour mes Mémoires – si tant est qu’elles intéressent un jour qui que ce soit…

Commentaires
1. Le vendredi 26 septembre 2008 à 21:07, par fk
2. Le lundi 29 septembre 2008 à 22:44, par Sylvain Ndong
3. Le jeudi 2 octobre 2008 à 08:52, par Politique
4. Le mardi 7 octobre 2008 à 16:25, par aldo
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