Ca fait longtemps que je m’échine à la convaincre, elle dit « oui mon fils Â», puis « non mon fils Â».

Catherine, ne laisse pas s’envoler les petits cahiers à spirales remplis de ton écriture, ce journal de bord et de vie que tu tiens depuis ton adolescence. C’est un trésor. A moins que ce ne soit une bombe.

Autre appel : celui d’Yves-Michel Fotso, l’ancien patron de la CAMAIR, fils de milliardaire, ex-golden boy suractif et chef d’entreprises.

Fotso vit aujourd’hui à Singapour où il s’est volontairement exilé. Pourquoi le Cameroun ne sait-il pas retenir ses fils de valeur ? Pourquoi certains lobbies se sont-ils acharnés à le faire échouer ?

Maintenant YMF prospère en Asie. Doit-on applaudir ?

En cette année qui s’achève, je pense à Driss Basri, qui me causa tant de petites misères, mais que, dans le fond, j’aimais bien. Parti rejoindre Hassan II, son maître.

Parti rejoindre d’autres qui, à des degrés divers, jalonnent la longue route de mes rencontres de journaliste : Savimbi, Mobutu, Eyadéma, Sankara, Foccart, Arafat, Machel, Senghor… Drôle de Panthéon.

Que nous réserve, au chapitre des adieux, 2008 ? Une photo me hante : celle de ces noyés du Golfe d’Aden, échoués il y a quelques jours sur une plage yéménite. Ces morts-là n’ont ni nom, ni nombre.

Victimes de la guerre aux migrants que livre chaque jour la forteresse du monde riche à coup de barbelés, de charters et de tests ADN. Nourriture pour poissons voraces, pâture pour trafiquants, gibier de prison pour ceux qui, comme la Libye de Kaddafi, jouent les garde-chiourmes de l’Europe.

Sur ce plan, rien, hélas, ne va changer en 2008. Et si, par hasard, l’un de ces candidats à l’exil me lit dans son cybercafé de Dakar, de Lomé, de Nouakchott, de Djibouti ou d’ailleurs, je n’ai qu’un seul vœu à formuler : ne pars pas, renonce à ton projet fou. Si tu parviens jusqu’à mon eldorado de pacotille, personne ici ne voudra de toi.

Que 2008 soit pour vous tous une oasis de paix.