ADN, encore. Et ces fameux tests que le Parlement français prétend introduire dans la législation sur le regroupement familial des immigrés. A la base, il y a le présupposé que les pièces d’état-civil produites par les candidats au regroupement sont présumées douteuses, voire fausses. Mais les candidats qui les présentent au consulat ou à la préfecture les disent vraies.

Donc, ces mêmes candidats sont tous soupçonnés a priori d’être des fraudeurs et des menteurs potentiels jusqu’à preuve (par test ADN) de leur innocence.

Que pensez-vous de cet argument ? Comment devraient réagir l’UA et les chefs d’Etat africains ? (Car il va de soi que les pays où l’état-civil est considéré comme "non fiable" sont presque tous, comme par hasard, africains).


Sankara, enfin. Dans mon papier d’introduction au dossier que nous avons consacré cette semaine au vingtième anniversaire de la mort de Thomas Sankara, j’ai écrit à peu près ceci :

« Il ne faut pas hésiter à le dire, quitte à être politiquement incorrect : selon les critères d’aujourd’hui, Sankara exerçait une dictature que les ONG des droits de l’homme, si elles existaient à l’époque au Burkina, n’auraient pas manqué d’épingler et que bien de ceux qui aujourd’hui vénèrent l’icône du capitaine, n’auraient pas supporté. Mais une dictature vertueuse, éclairée et honnête d’où l’enrichissement personnel et le culte de la personnalité étaient bannis. C’est cette face-là de Sankara et uniquement celle-là, si différente de celle des dirigeants d’aujourd’hui, que la conscience collective africaine veut retenir. Â»

Ai-je raison ou tort ?