A la nuit tombée, je rencontre François Bozizé en son bureau. Il m’explique qu’il y vit, qu’il y travaille, qu’il y mange et qu’il y dort, ne se rendant que très rarement à son domicile. On parle longuement du dialogue politique, de la situation dans le Nord, des derniers rapports accablants de Human Rights Watch et d’Amnesty, de la France, du gouvernement, de Total et d’Areva, de sa foi en Dieu et de son rêve – modeste, mais réalisable – de voir les Centrafricains faire aussi bien que les Burkinabè.

Bozizé, on le dit solitaire, parano, refusant de rencontrer des étrangers, dictateur obsessionnel… Tout cela est écrit noir sur blanc dans un long reportage paru récemment à la une du grand quotidien britannique The Independent et intitulé Frances’s Secret War.

Problème : la journaliste qui écrit cela ne l’a jamais rencontré. Timide, secret, oui. Mais pourquoi faire du sensationnalisme de bazar et sauter à pieds joints dans le mythe du roi nègre et xénophobe ?

The Independent se serait-il permis de telles approximations, limite racistes, s’il s’agissait de dresser le portrait d’un chef d’Etat européen ou américain ? A l’évidence, non.

Lisez l’interview de Bozizé dans le prochain J.A. Et faites-vous une opinion…