Heart of Darkness
Par François Soudan, vendredi 12 octobre 2007 à 18:11 :: Politique :: #23 :: rss :: lu 2095 fois
Je reviens de Bangui. Une journée sur place entre deux avions – en réalité le même, celui de l’unique fréquence hebdomadaire d’Air France –, le temps de prendre le pouls des rives de l’Oubangui et d’interviewer François Bozizé, le chef de l’Etat.
A l’hôtel, des militaires sud-africains, hommes et femmes, blancs, noirs et métis, lézardent face au fleuve dans leur treillis avec écusson des SADF. Je les retrouverai plus tard, au Palais présidentiel, dans l’entourage sécuritaire du chef.
Pour le reste, rien ou presque n’a changé depuis ma dernière visite, il y a un an : Bangui est sans doute la capitale la plus déshéritée d’Afrique.
A l’hôtel, des militaires sud-africains, hommes et femmes, blancs, noirs et métis, lézardent face au fleuve dans leur treillis avec écusson des SADF. Je les retrouverai plus tard, au Palais présidentiel, dans l’entourage sécuritaire du chef.
Pour le reste, rien ou presque n’a changé depuis ma dernière visite, il y a un an : Bangui est sans doute la capitale la plus déshéritée d’Afrique.
A la nuit tombée, je rencontre François Bozizé en son bureau. Il m’explique qu’il y vit, qu’il y travaille, qu’il y mange et qu’il y dort, ne se rendant que très rarement à son domicile. On parle longuement du dialogue politique, de la situation dans le Nord, des derniers rapports accablants de Human Rights Watch et d’Amnesty, de la France, du gouvernement, de Total et d’Areva, de sa foi en Dieu et de son rêve – modeste, mais réalisable – de voir les Centrafricains faire aussi bien que les Burkinabè.
Bozizé, on le dit solitaire, parano, refusant de rencontrer des étrangers, dictateur obsessionnel… Tout cela est écrit noir sur blanc dans un long reportage paru récemment à la une du grand quotidien britannique The Independent et intitulé Frances’s Secret War.
Problème : la journaliste qui écrit cela ne l’a jamais rencontré. Timide, secret, oui. Mais pourquoi faire du sensationnalisme de bazar et sauter à pieds joints dans le mythe du roi nègre et xénophobe ?
The Independent se serait-il permis de telles approximations, limite racistes, s’il s’agissait de dresser le portrait d’un chef d’Etat européen ou américain ? A l’évidence, non.
Lisez l’interview de Bozizé dans le prochain J.A. Et faites-vous une opinion…

Commentaires
1. Le vendredi 12 octobre 2007 à 21:10, par Illuminati
2. Le lundi 15 octobre 2007 à 12:19, par Peter
3. Le mardi 16 octobre 2007 à 16:50, par Mbaye
4. Le mercredi 17 octobre 2007 à 13:53, par Gazal
5. Le jeudi 18 octobre 2007 à 13:12, par Jean Binwa
6. Le jeudi 18 octobre 2007 à 16:59, par Femme africaine
7. Le dimanche 21 octobre 2007 à 04:31, par Shushu
8. Le mardi 23 octobre 2007 à 15:50, par Kaz
9. Le mercredi 24 octobre 2007 à 02:20, par oufi
10. Le lundi 29 octobre 2007 à 16:09, par yaradowa
11. Le mardi 6 novembre 2007 à 22:58, par Ali
12. Le mercredi 7 novembre 2007 à 16:59, par samuel kouame
13. Le mardi 27 novembre 2007 à 18:33, par homme africain
14. Le mercredi 28 novembre 2007 à 15:13, par Deblezo
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