Echos de la savane
Par François Soudan, lundi 24 septembre 2007 à 11:25 :: Politique :: #19 :: rss :: lu 1680 fois
Cette semaine, j’ai :
. Bavardé, au cours d’une réception d’ambassade, avec Loïk Le Floch-Prigent, ancien patron d’Elf, au cœur du scandale du même nom, ex-taulard à la prison de la Santé, toujours entre deux convocations au Palais de Justice. Sous le coup, justement, d’une énième interdiction de sortie du territoire français.
Ce qui le perturbe beaucoup car, à la tête de Pilatus Group qu’il a fondé, Le Floch tente de se refaire. Il me dit conseiller, en matière pétrolière, les présidents Sassou, Bongo, Faure Gnassingbé, Déby, plus un ou deux satrapes d’Asie centrale, ainsi que le groupe Areva : belle brochette.
A la fois loquace et amer, résigné et révolté, le flamboyant Loïk des années Elf est un petit bonhomme amaigri et seul, au visage mangé de barbe blanche. Triste, gris et finalement pitoyable au sens premier du terme (qui inspire la pitié).
. Bavardé, au cours d’une réception d’ambassade, avec Loïk Le Floch-Prigent, ancien patron d’Elf, au cœur du scandale du même nom, ex-taulard à la prison de la Santé, toujours entre deux convocations au Palais de Justice. Sous le coup, justement, d’une énième interdiction de sortie du territoire français.
Ce qui le perturbe beaucoup car, à la tête de Pilatus Group qu’il a fondé, Le Floch tente de se refaire. Il me dit conseiller, en matière pétrolière, les présidents Sassou, Bongo, Faure Gnassingbé, Déby, plus un ou deux satrapes d’Asie centrale, ainsi que le groupe Areva : belle brochette.
A la fois loquace et amer, résigné et révolté, le flamboyant Loïk des années Elf est un petit bonhomme amaigri et seul, au visage mangé de barbe blanche. Triste, gris et finalement pitoyable au sens premier du terme (qui inspire la pitié).
. Croisé, dans les couloirs de JA, le très volubile Vladimir Fedorovski, écrivain, ancien diplomate russe et ex-agent du KGB reconverti dans la littérature historique de quai de gare (ou hall d’aéroport, comme on voudra). Un canotier en toile sur le crâne et une faconde de slave passé par la Loubianka.
Il m’apprend au passage qu’au cours de sa très riche et très obscure carrière, il a servi d’interprète entre Léonid Brejnev et des personnages aussi fascinants que Kaddafi, Saddam Hussein, Hafez el-Assad, Mokhtar Ould Daddah et Houari Boumediene, dont il a vécu en direct l’agonie moscovite.
Ces souvenirs-là n’intéressent guère les médias français. Moi, oui. A bientôt dans les colonnes de JA…
. Téléphoné au président centrafricain François Bozizé, très mécontent des « milieux français » de Bangui qui, dit-il, cherchent à le déstabiliser au moment où il va signer avec le FMI. En connivence avec des opposants « affamés de pouvoir » et l’ONG Human Rights Watch dont l’enquêteur « n’a même pas pris la peine de contacter les autorités pour recueillir leur point de vue ».
Le lendemain, j’appelle le conseiller Afrique de Nicolas Sarkozy, Bruno Joubert, inquiet du climat qui règne à Bangui. Ca ne vous rappelle rien ? Moi, si : les années Patassé, quand Chirac ne voulait plus entendre parler d’Ange-Félix. On n’en est pas là , mais attention tout de même.
Au fait, j’en profite pour sonder Joubert sur une méchante rumeur qui court à Lomé. Lors de son récent voyage dans la capitale togolaise, le conseiller aurait apporté à Faure Gnassingbé un message perso de Sarkozy intervenant en faveur du groupe Bolloré pour la gestion du port et contre son concurrent Dupuybaudy.
Démenti catégorique de Bruno Joubert : « C’est faux et Dieu me garde de mettre la main dans ce genre de salade », me répond-il. Sous entendu : ce genre de méthodes, c’était bon pour Chirac.
La rupture est passée par là . Dont acte, jusqu’au prochain épisode.

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