Le destin de Fouad
Par François Soudan, lundi 17 septembre 2007 à 15:20 :: Politique :: #18 :: rss :: lu 1629 fois
Retour du Maroc, où l’Afrique subsaharienne n’est jamais loin. A preuve : au Hilton de Rabat, je tombe par hasard sur Jean-Dominique Okemba, le très influent et très spécial conseiller de Denis Sassou Nguesso.
La limousine blanche à l’entrée est donc celle du Président congolais, en villégiature dans la capitale marocaine tout comme, il y a peu, Omar Bongo Ondimba et Teodoro Obiang Nguema. DSN a été accueilli à l’aéroport par le prince Moulay Rachid, qui joue discrètement et loyalement son rôle de second, mais que l’on dit influent, en tout cas écouté, auprès de son frère aîné.
L’affaire du moment, outre la formation du prochain gouvernement, c’est bien sûr le départ – pour un simple siège de député – du bras droit, courroie de transmission et ministre délégué à l’Intérieur, Fouad Ali el Himma. Fouad est un personnage attachant, parfois touchant et qui a toujours refusé que l’on parle de lui, encore moins qu’on le mette à la une.
La limousine blanche à l’entrée est donc celle du Président congolais, en villégiature dans la capitale marocaine tout comme, il y a peu, Omar Bongo Ondimba et Teodoro Obiang Nguema. DSN a été accueilli à l’aéroport par le prince Moulay Rachid, qui joue discrètement et loyalement son rôle de second, mais que l’on dit influent, en tout cas écouté, auprès de son frère aîné.
L’affaire du moment, outre la formation du prochain gouvernement, c’est bien sûr le départ – pour un simple siège de député – du bras droit, courroie de transmission et ministre délégué à l’Intérieur, Fouad Ali el Himma. Fouad est un personnage attachant, parfois touchant et qui a toujours refusé que l’on parle de lui, encore moins qu’on le mette à la une.
C’est pourtant chose faite dans le dernier numéro de JA où j’évoque, entre autres, la "traversée du désert" méconnue du personnage fin 2006 et début 2007, qui pourrait être l’une des origines de son éloignement actuel. Dois-je me sentir (un peu) coupable ? Sans doute.
Il y a tout juste un an, en septembre 2006, j’assistais en direct à Rabat à une autre mise à l’écart : celle du général Hamidou Laanegri, patron de la police après avoir été celui de la DST, brusquement muté à la tête des forces auxiliaires, un poste de second rang. Au cours de mon enquête, j’apprend que Fouad Ali El Himma a, sur ordre du roi, mis en musique ce quasi limogeage et qu’il l’a lui-même annoncé à l’intéressé. J’écris et je publie. La foudre royale tombe sur la tête de Fouad le premier jour du ramadan 2006.
Pour qui se prend-il ? Pour un Basri bis ? A l’évidence, il est des secrets qui doivent être gardés. Début de la disgrâce dudit Fouad. Au Maroc, il n’y a pas de "numéro deux". Pas plus Fouad que Basri n’avaient d’autonomie, de force propre. La puissance n’est que déléguée et peut être reprise à tout moment. Surtout, ne jamais l’oublier.
A la télé, le soir, je regarde les images de M6 en tournée chez les ouvriers du phosphate, à Khourigba. Quelle ferveur ! Quelle popularité ! Quelle ruée du petit peuple en transe pour baiser la main du roi ! Rien de cela n’est feint et c’est cette obstination dans la dévotion, huit ans après, qui sidère toujours les étrangers. Même si les Marocains ne croient plus guère en leur classe politique, l’icône royale reste intacte.
Et tant pis pour ceux qui, après avoir pronostiqué que M6 allait démissionner parce qu’il n’aimait pas "le job", puis qu’il était sous influence des généraux, assuraient que l’avenir du Maroc était entre les mains des islamistes !

Commentaires
1. Le lundi 17 septembre 2007 à 17:21, par ibn battouta
2. Le vendredi 21 septembre 2007 à 14:53, par Gr_in
3. Le lundi 24 septembre 2007 à 03:04, par BM
4. Le mercredi 26 septembre 2007 à 12:31, par ibn battouta
5. Le mercredi 26 septembre 2007 à 12:45, par Gr_in
6. Le jeudi 27 septembre 2007 à 08:32, par tintin rbati
7. Le vendredi 28 septembre 2007 à 16:57, par ibn battouta
8. Le samedi 13 octobre 2007 à 21:06, par paris hilton
9. Le dimanche 18 novembre 2007 à 18:10, par youyou
Ajouter un commentaire
Quelques recommandations d’usage à l’attention des internautes
Vous voulez donner votre avis sur l’un des posts ? Rien de plus simple, tous les commentaires sont les bienvenus. Cependant, gardez à l'esprit que ces blogs font l'objet d’une modération régulière. Ce qui signifie que Jeuneafrique.com se réserve le droit de choisir les commentaires qui seront mis en ligne.
Bien évidemment, nul besoin de préciser que les posts hors-sujet ou injurieux ne seront pas publiés. A bon entendeur…
Suggestions
Si vous souhaitez nous faire part de vos suggestions concernant les blogs, n’hésitez pas à nous écrire à l’adresse suivante : blogs@jeuneafrique.com