Réponse : « Lorsque ce papier est sorti, toute l’équipe diplomatique de l’Elysée m’avait félicité. Le Président allait, c’est sûr, reprendre et développer mes propositions. Et puis plus rien. Ou plutôt, il y a eu le fameux discours de Dakar. » Un discours dont on sait aujourd’hui que Nicolas Sarkozy l’a pratiquement découvert en le lisant puisqu’Henri Guiano le lui a fait parvenir par fax une heure à peine avant qu’il le prononce. Rares d’ailleurs sont ceux qui, dans l’entourage de Sarko, assument ce texte provocateur et ceux qui le font sont en service commandé. Si j’en crois une confidence d’Omar Bongo Ondimba à l’un de mes amis, le Président français lui-même reconnaît en privé qu’il est sans doute allé un peu trop loin. Quant à Védrine, il ne semble pas se faire trop d’illusions sur la prise en compte réelle, par Kouchner et Sarko, de son rapport. A preuve, aussitôt remis, aussitôt diffusé in extenso sur le site de l’Elysée et ce avant même que son destinataire en prenne connaissance. Comme si l’important était l’effet d’annonce, beaucoup plus que le contenu.