Mais il y a plus gênant que cet anachronisme. En voulant choquer, provoquer et stimuler le débat, Sarko a eu recours à une phraséologie à la fois culpabilisante et dévalorisante pour l’homme africain en général et le monde rural en particulier.

Un homme et un monde qu’il qualifie d’immobiles, incapables de se projeter dans l’avenir, répétitifs, cycliques, confinés dans ses mythes. On croirait lire l’un de ces précis d’anthropologie distribués aux visiteurs des expos coloniales dans les années trente. Faux, obsolète et sans objet.

Pourquoi Abdoulaye Wade, son hôte de Dakar, n’a-t-il rien dit ? Pourquoi Omar Bongo Ondimba, à qui Sarko est allé rendre visite le lendemain, s’est-il tu ?

Dans le prochain numéro de JA, à paraître ce week-end, nous écrirons ce que nous estimons être notre vérité à ce sujet. Et nous laisserons aussi, en bons démocrates, le secrétaire d’Etat français à la Coopération, Jean-Marie Bockel, défendre le point de vue de son chef.

En attendant, lisez ce « discours à la jeunesse » de Nicolas Sarkozy, disponible sur la toile. Et réagissez.