Au Nigeria, il fait Lagos-Port Harcourt par la route, témoigne de la misère des communautés Ijaw du delta et rencontre le chef local des insurgés-preneurs d’otages : Mujahid Dotubo Asari. Robin des Bois devenu warlord, admirateur de Mandela et de Ben Laden, fringué comme dans un clip de R’n’B, kalachs et Hummers.

Au Gabon, notre reporter voit la France partout, recherche désespérément des bananes gabonaises dans un pays où 60 % de l’alimentation est importée, constate que pas un kilomètre de route n’a été construit depuis quinze ans et disserte sur le thème de l’ « Etat rentier Â» où le pouvoir achète tout, opposants et ONG compris.

Au Congo, il tente de comprendre pourquoi l’essence manque dans un pays pétrolier, s’étonne du fait que pas plus de 2 % de la terre arable soit cultivée, raconte comment « ici, le pétrole tue Â» et vomit sur l’ « Oilfield trash Â» – cette sous-culture dévastatrice que les pétroliers américains importent partout où ils vont.

En Angola, Tintin Ghazvinian recherche, évidemment sans trouver, la trace des quatre milliards de dollars disparus du budget de l’Etat entre 1997 et 2001.

En Guinée Equatoriale, où il finit son séjour à deux doigts de l’expulsion et se fait racketter, notre homme aligne des chiffres simples : ce pays produit un baril à soixante dollars par jour et par habitant – et la majorité de la population vit avec moins d’un dollar par jour.

Escales aussi à Sao Tomé et dans le Sud du Tchad, où l’équilibre sociétal a été bouleversé par les enclaves d’Exxon Mobil : prostitution, sida, pédophilie…

Malaise, profond malaise tout de même quand l’auteur compare le pétrole africain à « l’excrément du diable Â». Stephen Smith et sa « négrophobie Â» si désespérante ne sont pas loin.