Portraits interdits
Par François Soudan, lundi 16 juillet 2007 à 17:53 :: Politique :: #8 :: rss :: lu 4041 fois
J’ai écrit, il y a deux semaines dans JA, le portrait de Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale congolaise (Kinshasa), secrétaire général du parti au pouvoir et l’homme qui monte dans la galaxie locale. Pour cela je l’ai rencontré, bien sûr, longuement.
Mais j’ai aussi écouté nombre de témoins, diplomates, députés, membres de la société civile, amis ou ennemis. Au final : l’itinéraire d’un personnage à la fois brillant et ambitieux, qui n’hésite pas à affirmer sa personnalité. Au final surtout, une petite tempête médiatico-politique à Kinshasa.
Mais j’ai aussi écouté nombre de témoins, diplomates, députés, membres de la société civile, amis ou ennemis. Au final : l’itinéraire d’un personnage à la fois brillant et ambitieux, qui n’hésite pas à affirmer sa personnalité. Au final surtout, une petite tempête médiatico-politique à Kinshasa.
Car VK figure en « Une » de JA, sur la couverture et cela, apparemment, c’est impardonnable. Le chef de l’Etat, me dit-on, n’a pas apprécié, tout comme ses proches, que cet homme censé être l’un de ses collaborateurs les plus précieux soit ainsi mis en valeur.
Les partisans de Vital ne sont pas en reste : « Tu l’as crucifié ! » me dit l’un, « Tu l’as piégé » ajoute un autre. Et il se murmure même qu’en réalité, cette « opération » a été commanditée par Joseph Kabila lui-même pour mieux torpiller un personnage trop encombrant. Bref, on ne trouve plus un JA en vente à Kin et on raconte tout et n’importe quoi.
En Afrique il est vrai, du Maroc à la Tunisie et de l’Algérie au Burundi, en passant par la RDCongo, le Cameroun et tous les autres, publier à la Une le portrait d’une personnalité proche du chef serait, dit-on, le meilleur moyen de l’assassiner. Combien de fois il m’est arrivé d’entendre, de la part d’un ministre : « Surtout, ne parles pas de moi, ne me mets pas en avant, quant à la cover : Tu veux ma mort ! ».
Non, le journaliste ne veut la mort de personne. Mais il veut encore moins être le prisonnier de politiciens que les médias obsèdent et terrifient à la fois.
Au fait, comment a réagi Kamerhe, le principal intéressé ? Plutôt crânement.
« J’assume », m’a t-il dit et répété, non sans m’envoyer, tout de même, deux ou trois « précisions » destinées à couvrir ses arrières. Pas mal…
Les partisans de Vital ne sont pas en reste : « Tu l’as crucifié ! » me dit l’un, « Tu l’as piégé » ajoute un autre. Et il se murmure même qu’en réalité, cette « opération » a été commanditée par Joseph Kabila lui-même pour mieux torpiller un personnage trop encombrant. Bref, on ne trouve plus un JA en vente à Kin et on raconte tout et n’importe quoi.
En Afrique il est vrai, du Maroc à la Tunisie et de l’Algérie au Burundi, en passant par la RDCongo, le Cameroun et tous les autres, publier à la Une le portrait d’une personnalité proche du chef serait, dit-on, le meilleur moyen de l’assassiner. Combien de fois il m’est arrivé d’entendre, de la part d’un ministre : « Surtout, ne parles pas de moi, ne me mets pas en avant, quant à la cover : Tu veux ma mort ! ».
Non, le journaliste ne veut la mort de personne. Mais il veut encore moins être le prisonnier de politiciens que les médias obsèdent et terrifient à la fois.
Au fait, comment a réagi Kamerhe, le principal intéressé ? Plutôt crânement.
« J’assume », m’a t-il dit et répété, non sans m’envoyer, tout de même, deux ou trois « précisions » destinées à couvrir ses arrières. Pas mal…

Commentaires
1. Le mardi 17 juillet 2007 à 12:58, par benjamin kazadi
2. Le mardi 17 juillet 2007 à 18:36, par wazKin
3. Le mardi 17 juillet 2007 à 18:39, par François Mambakila Yandi Mosi
4. Le mercredi 18 juillet 2007 à 02:14, par junior bukasa
5. Le mardi 20 novembre 2007 à 15:30, par japhet tekila
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