Car VK figure en « Une » de JA, sur la couverture et cela, apparemment, c’est impardonnable. Le chef de l’Etat, me dit-on, n’a pas apprécié, tout comme ses proches, que cet homme censé être l’un de ses collaborateurs les plus précieux soit ainsi mis en valeur.

Les partisans de Vital ne sont pas en reste : « Tu l’as crucifié ! » me dit l’un, « Tu l’as piégé » ajoute un autre. Et il se murmure même qu’en réalité, cette « opération » a été commanditée par Joseph Kabila lui-même pour mieux torpiller un personnage trop encombrant. Bref, on ne trouve plus un JA en vente à Kin et on raconte tout et n’importe quoi.

En Afrique il est vrai, du Maroc à la Tunisie et de l’Algérie au Burundi, en passant par la RDCongo, le Cameroun et tous les autres, publier à la Une le portrait d’une personnalité proche du chef serait, dit-on, le meilleur moyen de l’assassiner. Combien de fois il m’est arrivé d’entendre, de la part d’un ministre : « Surtout, ne parles pas de moi, ne me mets pas en avant, quant à la cover : Tu veux ma mort ! ».

Non, le journaliste ne veut la mort de personne. Mais il veut encore moins être le prisonnier de politiciens que les médias obsèdent et terrifient à la fois.

Au fait, comment a réagi Kamerhe, le principal intéressé ? Plutôt crânement.
« J’assume Â», m’a t-il dit et répété, non sans m’envoyer, tout de même, deux ou trois « précisions Â» destinées à couvrir ses arrières. Pas mal…