Rama Yade, Rama tout court, est devenue le symbole de l’ouverture aux minorités visibles, la carte magique que l’on sort pour démontrer que, dans la France de Sarko, chacun a sa chance

Fort bien, mais il y a un problème : Rama Yade, elle, ne parle pas. Maintenant que la communication gouvernementale est devenue contrôlée et encadrée, elle fait manifestement partie de celles et ceux à qui l’on a demandé de se taire pendant au moins deux mois, le temps d’apprendre.

Mieux – ou pire – si l’on en croit son très officiel agenda pour la semaine du 9 au 16 juillet 2007, la secrétaire d’Etat n’a, en dehors du Conseil des ministres et d’un court déplacement au Maghreb dans la délégation de Sarkozy, qu’un seul et unique rendez-vous. Mercredi, à 15 heures, « entretien avec Mme Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH ». C’est tout et c’est court.

Certes, à JA dont elle fut la correspondante à Tunis, on aime tous Souhayr et l’on se réjouit de cette rencontre qui apprendra sans doute beaucoup de choses à Rama Yade. Certes, évoluer dans l’ombre du très omnimédiatique Kouchner n’est pas forcément le meilleur moyen de voir le jour.

Mais, tout de même. Tous ceux qui, comme moi, pensent que Mme Yade vaut beaucoup mieux qu’un sourire sur les marches de l’Elysée attendent qu’elle s’exprime. Avec Azouz Beggag, la discrimination positive version Chirac avait fini au fond d’une baignoire, il ne faudrait pas que cela lui arrive…