Le juge et l’assassin
Par François Soudan, lundi 9 juillet 2007 à 15:46 :: Politique :: #5 :: rss :: lu 1199 fois
Ce matin, Le Figaro revient sur « l’affaire Borrel » : l’armée française, peut-on lire, était au courant de la mort du juge, deux heures avant la découverte officielle de son corps. De plus en plus, la thèse de l’assassinat s’impose dans ce qui prend l’allure d’une affaire d’Etat.
Dans le cadre de mon travail, j’ai beaucoup vu, ces dernières années, celui qui était alors le « Monsieur Afrique » de Jacques Chirac, Michel de Bonnecorse. J’ai, à plusieurs reprises, rapporté dans JA ce que l’Elysée pensait de ce dossier et j’ai cité récemment, avec l’autorisation de Michel de Bonnecorse, l’une de ses phrases : « Contrairement à ceux qui préjugent que le juge Borrel a été assassiné, je préjuge, moi, qu’il s’est suicidé. »
Dans le cadre de mon travail, j’ai beaucoup vu, ces dernières années, celui qui était alors le « Monsieur Afrique » de Jacques Chirac, Michel de Bonnecorse. J’ai, à plusieurs reprises, rapporté dans JA ce que l’Elysée pensait de ce dossier et j’ai cité récemment, avec l’autorisation de Michel de Bonnecorse, l’une de ses phrases : « Contrairement à ceux qui préjugent que le juge Borrel a été assassiné, je préjuge, moi, qu’il s’est suicidé. »
Cette phrase et ces informations sont aujourd’hui dans le dossier des juges Fabienne Pons et Michèle Ganascia qui enquêtent sur d’éventuelles pressions politiques exercées sur la justice. C’est à cause de cela qu’elles ont en vain tenté de perquisitionner le bureau de Michel de Bonnecorse au 2, rue de l’Elysée, en pleine période électorale. Bonnecorse était-il sincère quand il m’a autorisé à citer cette petite phrase, qui lui vaut aujourd’hui d’être dans l’œil du cyclone Borrel ? Sans doute.
Mais sur quoi repose cette conviction personnelle ? Sur l’examen des faits, ou sur la volonté de conserver à tout prix de bonnes relations avec Djibouti ? A l’évidence, tout ce qui confortait la piste du meurtre était à l’Elysée tenu en haute suspicion, tout comme l’était la veuve, Elisabeth Borrel. Position d’autant plus étrange que, si le juge a bien été assassiné, nul ne peut dire avec certitude par qui…
Ce matin aussi, par le plus grand des hasards, je me suis entretenu au téléphone avec le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh. A l’autre bout du fil, IOG était très remonté, n’hésitant pas à qualifier d’ « éthylique » et de « voyou » l’un de ses opposants. Pour lui, l’affaire Borrel, c’est du « racisme » et du « néocolonialisme ». Une ligne de défense classique. On me permettra de la juger un peu courte…

Commentaires
1. Le jeudi 12 juillet 2007 à 17:08, par aouled
2. Le vendredi 13 juillet 2007 à 10:10, par Abdourahim Aden
3. Le jeudi 27 décembre 2007 à 03:36, par djiboutien en malaisie
4. Le vendredi 18 janvier 2008 à 10:08, par nicolas sarkozy
5. Le mardi 27 mai 2008 à 16:57, par Rumeur
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