Cette phrase et ces informations sont aujourd’hui dans le dossier des juges Fabienne Pons et Michèle Ganascia qui enquêtent sur d’éventuelles pressions politiques exercées sur la justice. C’est à cause de cela qu’elles ont en vain tenté de perquisitionner le bureau de Michel de Bonnecorse au 2, rue de l’Elysée, en pleine période électorale. Bonnecorse était-il sincère quand il m’a autorisé à citer cette petite phrase, qui lui vaut aujourd’hui d’être dans l’œil du cyclone Borrel ? Sans doute.

Mais sur quoi repose cette conviction personnelle ? Sur l’examen des faits, ou sur la volonté de conserver à tout prix de bonnes relations avec Djibouti ? A l’évidence, tout ce qui confortait la piste du meurtre était à l’Elysée tenu en haute suspicion, tout comme l’était la veuve, Elisabeth Borrel. Position d’autant plus étrange que, si le juge a bien été assassiné, nul ne peut dire avec certitude par qui…

Ce matin aussi, par le plus grand des hasards, je me suis entretenu au téléphone avec le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh. A l’autre bout du fil, IOG était très remonté, n’hésitant pas à qualifier d’ « éthylique » et de « voyou » l’un de ses opposants. Pour lui, l’affaire Borrel, c’est du « racisme » et du « néocolonialisme ». Une ligne de défense classique. On me permettra de la juger un peu courte…